Le lendemain, il se réveilla assez tard. Il était encore complètement endormi alors qu'il prenait place à table pour son petit déjeuner. Son oncle était déjà parti au travail et Dudley était parti déjeuner chez Piers Polkiss, son meilleur ami. Il mit un certain temps à comprendre que sa tante lui parlait.
« Harry ? Harry ! » Dit Mrs Dursley un peu plus fort, ce qui surpris Harry.
« Pardon ? Excuse moi Tante Pétunia, j'ai assez mal dormi. » Marmonna alors Harry en se frottant les yeux.
« Ecoute, nous devons nous parler toi et moi aujourd'hui. J'ai été prévenu par Mrs Weasley que tu partais ce soir vers 16 heures. »
« Hein ? Quoi ? » S'exclama Harry abasourdis. Bien sûr il savait qu'on venait le chercher ce soir, mais que sa tante lui parle de cette façon était très surprenante...En effet depuis qu'il était revenu à Privet Drive, beaucoup de choses avait changées...A son grand étonnement, lorsqu'ils étaient venus chercher Harry à la gare, les Dursley s'étaient montrés très aimables avec la famille Weasley. C'était la première fois que Harry voyait sa tante sourire à quelqu'un. Puis ce soir là, alors que Harry leur annonça la mort de Dumbledore et son départ définitif de Privet Drive, la tante Pétunia était devenue blême et n'avait plus dit un mot au grand étonnement de son mari qui essayait en vain de lui faire dire quelque chose. Cela faisait à présent une semaine qu'il était là et les Dursley le laissait faire ce qu'il voulait. Il avait le droit d'aller et venir à sa guise, de manger à sa faim ou encore de regarder la télé en compagnie de son oncle. Il avait été assez stupéfait de ces changements assez brutaux, mais s'y accommodait assez bien, bien que Dudley ne soit pas du tout de cet avis. Comme Harry, il ne comprenait pas du tout ce revirement soudain. Visiblement quelque chose lui échappait à lui aussi...Au début il piquait des crises phénoménales, insultait ses parents de tous les noms et proférait des menaces, mais depuis que sa mère lui avait coller une baffe mémorable, lors d'un dîner lui aussi mémorable (Son oncle s'était retrouvé couvert de purée...), Dudley avait adopté la technique du mépris et de l'absence. Il ne disait plus rien, mais n'en pensait pas moins. A chaque fois qu'il croisait Harry, il lui lançait des regards assassins et disait d'une voix menaçante qu'il savait que Harry avait envoûté ses parents...Harry avait trouvé tout cela très comique, il se demandait si son oncle et sa tante étaient tombés sur la tête ou alors s'ils avaient été touchés par la grâce, mais depuis deux jours, il commençait à se poser des questions...Tout cela était vraiment louche. Puis maintenant sa tante qui lui demandait un entretien privé ! Il y avait de quoi rester pantois !
Devant la mine hébétée de son neveu, Pétunia lui dit alors « Je dois juste aller faire quelques courses puis nous pourrons discuter Harry. » Puis elle prit son panier et se dirigea vers la porte.
« Je n'en ai que pour une petite heure. A tout à l'heure. » Dit elle en lui souriant.
« Décidemment... » Pensa Harry. « Je n'y comprend rien... » Et il monta dans la salle de bain prendre une douche. A présent bien réveillé, il se mit à son bureau puis entrepris d'écrire une lettre à Ginny. Mais au bout d'une vingtaine de minutes, son parchemin était toujours aussi désespérément vierge. Il lança un juron en jetant sa plume par terre, à la grande indignation d'Hedwige qui hulula d'un ton réprobateur, puis il s'assit sur son lit en prenant la seule photo qu'il avait de Ginny. De toute façon il la voyait ce soir...A quoi bon lui écrire une lettre...Elle était magnifique. C'était étrange à quel point elle ressemblait à sa mère, Lily. Cela ne l'avait jamais frappé avant, mais là, cela en était troublant. Soudain il se souvint qu'il partait ce soir, et il commença à faire sa valise, en jetant dedans tout ce qui lui tombait sous la main. Il était en train de plier son télescope, lorsque sa tante frappa à la porte de sa chambre.
« Je peux entrer Harry ? »
« Oui, oui ! » Dit précipitamment Harry en refermant sa malle débordante d'affaires.
Sa tante pénétra dans sa chambre, pour la première fois depuis 6 ans, depuis qu'il avait quitté son placard à balais. Elle jeta un coup d'½il curieux vers les grimoires de magie de Harry puis vint s'asseoir près de lui en prenant la baguette de Harry dans les mains. Un long silence se fit, une éternité semblait s'être écoulée selon Harry.
« Achetée chez Ollivander, n'est-ce pas ? » Dit soudainement sa tante. « Elle est magnifique...En bois de houx bien sûr... »
« Pardon ? » Répondit Harry stupéfait.
« Ma boutique préférée était Fleury et Bott's. Ils avaient toujours des livres magnifiques ... » Continuait sa tante les yeux perdus dans le vague, rêveurs. Harry quant à lui était de plus en plus déconcerté. Comment se faisait-il que sa tante connaisse le chemin de traverse ?
« Tiens ! Cette vieille Miranda Fauconette continue toujours à écrire des livres... » Ajouta t-elle en prenant Le livre des sorts et enchantements (niveau 7). « A mon époque nous étudions déjà ses livres...J'ai toujours trouvé ses livres très peu pédagogues...».
« Je ne suis pas sûr de tout comprendre. » Intervint Harry complètement chamboulé. A la seule idée que sa tante Pétunia puisse lire un manuel de magie le laissait pantois.
Cela la sorti soudainement de son monologue. Elle regarda Harry, puis poussa un profond soupir.
« Ecoute Harry...Il est temps que tu saches la vérité me concernant. Je t'avoue que nous ne t'avons pas vraiment aidé Vernon et moi ces dernières années... »
« C'est certain... » Répondit Harry avec raideur. Il craignait tout ce qu'il allait entendre de la bouche de sa tante. Ainsi donc on ne lui avait pas tout révéler...
« Tu as le droit de nous en vouloir, Harry, je te comprendrai si tu ne nous pardonnes pas. Nous avons été odieux avec toi. Mais simplement, laisse moi essayer de me justifier. Je sais que tu pars et peut-être pour toujours...J'estime alors juste, le devoir de te révéler ma vérité. Harry, Je...»
Soudain, Dudley ouvrit la porte brusquement, l'air atterré, ce qui fit sursauter Pétunia. Il dévisagea sa mère (un grimoire de magie dans les mains) et son cousin, assis tous les deux sur le lit de Harry. Pétunia quand à elle ne disait rien et regardait son fils avec un air indifférent.
« Maman...Mais qu'est-ce que ça veut dire ? » Demanda Dudley d'une voix faible.
« Depuis quand t'ai-je appris à écouter aux portes Dudley ? » Répondit sa mère d'une voix calme mais glacée.
« Et toi depuis quand est-ce que tu nous caches des choses à Papa et à moi ?» Répliqua Dudley en ignorant sa mère et en s'avançant un peu plus dans la chambre.
« Dudley, sors d'ici. C'est un ordre. » A présent Pétunia s'était levée et pointait la porte de la chambre.
« Je ne bougerai pas. » Répondait Dudley sur un air de défi.
« Oh que si tu bougeras ! » Et sans prévenir, la tante Pétunia pris la baguette de Harry et la pointa sur son fils.
« Qu..Quoi ?? » Balbutia Dudley soudain terrifié.
Quant à Harry il était aussi chamboullé que Dudley. Il n'avait rien fait pour empêcher sa tante de prendre sa baguette. Il était tellement stupéfait qu'il ne bougeait plus. Jamais, au grand damne, jamais il aurait imaginé que sa tante puisse menacer son cousin et encore moins de cette manière.
« Pour la dernière fois, chéri, sors de cette pièce. Je sais me servir d'une baguette encore plus que tu ne le crois. »
Mais Dudley se précipita vers Harry et lui donna un coup de poing au nez. La douleur était fulgurante.
« QU'EST-CE QUE TU AS FAIS A MES PARENTS ?! SORCIER ! JE VAIS TE TUER» Beugla Dudley en le secouant frénétiquement.
« Je suis désolée mon chéri.. » Murmura Pétunia. « Impedimenta ! » Et un jet de lumière jaune jaillit de la baguette de Harry. Dudley fut projeté en arrière et sa tête cogna contre la table de chevet. Harry se releva tant bien que mal, sa gorge lui faisant horriblement mal. Dudley était évanouit par terre.
Pétunia se précipita vers son fils, les yeux brillants et l'emmena tant bien que mal vers sa chambre pour le mettre sur son lit. Harry n'en croyait pas ses yeux. Il avait toujours le regard fixé dans le vide lorsque sa tante revint, essoufflée.
« Ne t'inquiète pas. Il sera remis dans moins d'une heure et il aura tout oublié. » Dit-elle en se rasseyant aux côtés de Harry.
« Je regrette tout ce qui vient de se passer. Mais Dudley ne comprendra jamais le monde de la magie. Tout comme Vernon d'ailleurs. Il fallait à tout prix éviter qu'il entende quoi que ce soit. Tiens je te rends ta baguette. »
Harry la prit et la rangea machinalement dans la poche de son jean.
« Harry, il faut que tu comprennes mon comportement envers toi. Il faut que je t'explique. Tu as beaucoup souffert avec nous, par ma faute. Tout cela uniquement par ma faute... » Le silence était tendu. Harry avait le regard fixe et sa tante lui jetait des regards apeurés attendant sa réaction.
« Je ne comprend toujours pas... » Dit faiblement Harry.
« J'ai toujours été affreusement jalouse de ma s½ur...Elle était parfaite, elle savait tout faire... »
« Oui je le sais déjà ! » Dit Harry vivement, agacé par toutes ces énigmes.
Soudain, on sonna. La tante d'Harry le regarda apeurée, puis se leva et descendit suivit de près par son neveu. Arthur Weasley se tenait devant la porte d'entrée. Pétunia l'invita à entrer et le conduisit au salon. Harry salua chaleureusement le père de Ron puis ils s'assirent tous au salon.
« Voulez-vous quelque chose à boire ? » Demanda Mrs Dursley précipitamment.
« Je voudrais bien un verre d'eau s'il vous plait. Merci » Répondit Arthur en lui adressant un grand sourire. Dès qu'elle eut disparu dans la cuisine, Arthur se retourna vers Harry, l'air déconcerté.
« Que se passe t-il ? Pourquoi se revirement de comportement ? » Lui demanda t-il. Mais Harry n'eut pas le temps de répondre car sa tante revenait déjà avec un pichet d'eau, des verres et quelques biscuits. Elle servit le nouveau venu, son neveu puis s'assit à son tour.
« C'est gentil à vous de prendre soin de mon neveu pour la fin des vacances. Nous savons que Harry se plait beaucoup chez vous. » Dit-elle en esquissant un sourire.
« Oui c'est toujours un plaisir de l'avoir avec nous. » Répondit Mr Weasley en levant son verre à Harry. « Votre mari n'est pas là ? » Ajouta t-il.
« Non, malheureusement, il est au travail et mon fils est chez un ami. » Répondit Pétunia en croquant dans un biscuit. Mr Weasley avait fini son verre et s'était à présent levé.
« Nous n'allons pas abuser plus longtemps de votre hospitalité. Harry il est temps de partir. » Dit Mr Weasley en se dirigeant vers la porte.
« Attendez ! » Cria la tante de Harry alors que les deux hommes s'apprêtaient à quitter le salon. « Harry, j'ai quelque chose pour toi, attends moi deux secondes. » Puis elle disparu dans les escaliers. Elle revint quelques minutes après avec un joli paquet dans les mains.
« C'est pour toi. J'aurais dû te le donner depuis bien longtemps déjà... » Lui dit-elle les mains un peu tremblantes. Celles de Harry l'étaient aussi. C'était la première fois qu'il recevait un cadeau de la part de sa tante.
« Merci... »Répondit tout simplement Harry en prenant le paquet et en le rangeant dans sa malle.
« Promet moi que tu ne l'ouvriras, qu'une fois dans le train Harry. » Ajouta t-elle d'un ton suppliant.
« Promis. »
« Harry, sache que malgré tout ce qui s'est passé ici, tu seras désormais le bienvenu. Je veux que tu le comprennes. » Et là, sa tante l'enlaça sous le regard ébahi de Mr Weasley. Harry fut tellement surpris par cette marque de tendresse, qu'il ne fit rien pendant un instant. Puis, il répondit lentement à son geste en enroulant ses bras autour de sa tante. C'est à cet instant qu'il su qu'elle était vraiment la s½ur de sa mère. Il le sentait. Mr Weasley, lui versait une petite larme. Son reniflement tira Harry et Mrs Dursley de ce petit moment d'affection.
« Prend bien soin de toi Harry et fais attention. » Dit Pétunia en donnant une petite tape dans le dos de Harry.
« J'y compte bien. » Répondit-il en souriant.
« Au revoir Mr Weasley, à bientôt je l'espère. »
« Merci. Nous nous occuperons bien de votre neveu. »
« Comme toujours... » Ajouta t-elle, puis elle regarda son neveu et Mr Weasley s'avancer dans le jardin puis ils disparurent dans un léger pop. Elle eut tout juste le temps de voir que Harry lui avait jeté un dernier regard, pour la première fois, non pas de haine, mais de gratitude. Puis elle su qu'enfin elle était pardonnée. Le c½ur léger, elle referma la porte.